Le vrai du faux sur la vaccination et le passe sanitaire

Nombreux sont ceux qui m’ont écrit ces derniers jours, me demandant ma position sur le passe sanitaire voire m’intimant de voter contre.

Sans m’attarder sur la pluie de messages de menaces, d’insultes ou d’intimidation que j’ai pu recevoir au même titre que mes collègues députés, ni même sur les anathèmes et les parallèles historiques nauséeux que l’on peut entendre ici ou là, j’ai tenu à revenir sur les arguments qui m’ont été le plus souvent adressés.

Je précise avant tout développement que je soutiens les mesures annoncées par le Président de la République car je crois fondamentalement que la liberté va toujours de pair avec la responsabilité. Comme l’a rappelé Emmanuel Macron, ce n’est pas aux vaccinés de subir de nouvelles mesures de restriction de liberté qui, rappelons-le, pourraient toutes être levées si tout le monde se vaccinait.

Mon objectif, c’est la protection des français et de notre économie. Alors, face à une quatrième vague particulièrement grave du Covid-19, en responsabilité, et pour éviter des périodes de restrictions plus fortes de nos libertés, je me suis prononcé en faveur du projet de loi de gestion de la crise sanitaire.

« Le passe sanitaire créera deux catégories inégales de citoyens »

Il me semble exagéré voire tout simplement faux de dire que le passe sanitaire créerait deux « catégories de citoyens ». En fait, il est accessible à chacun, sans discrimination :

  • Par le vaccin
  • Grâce à test négatif de moins de 48h
  • Grâce à un certificat de rétablissement du Covid

Mais, comme écrit plus haut, la liberté va toujours de pair avec la responsabilité. Le coût des tests étant de 5 milliards d’euros par an, il n’est pas normal que cette charge pèse sur l‘ensemble de la collectivité quand la vaccination est proposée à chacun gratuitement. C’est pourquoi je suis également favorable au déremboursement des tests Covid de « confort » à partir de l’automne prochain.

« Il existe des traitements, les vaccins sont inutiles »

Tous les Etats du monde ont investi dans des études sur l’hydroxychloroquine,  sur l’ivermectine et d’autres. Or à ce jour, aucune étude concluante et aucune recommandation sur un quelconque traitement, dans aucun pays, n'ont émergé.

Il est vrai qu’une étude de l’Institut Pasteur parue le 13 juillet suggère que « l’ivermectine atténue les symptômes de la Covid-19 dans un modèle animal ». Sur un modèle animal, précisément.

En l’occurrence, des tests ont été menés sur des hamsters. « On voit qu’il y a un effet sur les symptômes et cela permet de générer des hypothèses pour la recherche clinique sur l’homme, mais on n’extrapole jamais une étude d’un médicament sur l’animal », nous dit l’épidémiologiste Thibault Fiolet, ce que ne contredit pas l’auteur de ladite étude, Guilherme Dias de Melo.

« Problèmes de légalité, de respect de la vie privée ou de la Constitution »

À toutes fins utiles, rappelons qu’onze vaccins sont déjà obligatoires dans notre pays : diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, infection à Haemophilus Influenzae de type b, infection à pneumocoque, infections à méningocoque C, hépatite B, rougeole, oreillons et rubéole. Et dans le projet de loi, l’obligation vaccinale ne concerne que les personnels soignants (article 5), qui sont au contact de des plus fragiles.

Le Conseil d’Etat, consulté sur l’extension de la liste des vaccinations obligatoires à onze vaccins avait d’ailleurs estimé que cela « ne méconnaissait pas le droit à l’intégrité physique et au respect de la vie privée, compte tenu de la gravité des maladies, de l’efficacité de ces vaccins et de la nécessité de les rendre obligatoires pour atteindre une couverture vaccinale satisfaisante ».

En avril dernier, la Cour européenne des droits de l’homme a reconnu que si l’obligation vaccinale constituait effectivement une ingérence dans l’exercice du droit au respect de la vie privée, celle-ci était, en vertu du principe de solidarité sociale, proportionnée aux buts que sont la protection de la santé et la protection des droits d’autrui, également défendus par la Convention européenne des droits de l’homme.

L’obligation vaccinale pour une catégorie de la population, voire même si c’était le cas pour l’ensemble des Français, est également compatible avec l’article 4 de la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789 qui dispose que : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. Ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la loi. ».

Dans un contexte de grande pandémie, se mélanger à d’autres personnes (restaurants et autres lieux de promiscuité) sans être vacciné et à défaut de traitement aussi efficace, c’est mettre en danger la vie d’autrui, et c’est donc bien nuire à autrui.

« La France n’est imitée par aucun pays européen et même par aucun État de l’OCDE dans la mise en place du passe sanitaire »

C’est faux. Depuis le 1er juillet 2021, le pass sanitaire mis en place le 9 juin en France est devenu européen. Appelé officiellement certificat Covid numérique Union européenne (UE), il est accepté dans les 27 pays de l'UE mais aussi la Suisse, le Liechtenstein, l'Islande et la Norvège. En Europe, les données de santé sont protégées par le Règlement européen sur la protection des données (RGPD). Les données du pass sanitaire ne seront conservées que par le pays dont est issu le résident. 

J'ajoute qu'au Danemark, le passe est obligatoire pour aller au musée, au bar, au restaurant, au cinéma, à la bibliothèque, à la salle de sport et même chez le coiffeur et qu'il est exigé à partir de 15 ans. L'Autriche est à peu de choses près sur le même modèle et l'Allemagne et le Portugal l'appliquent régionalement, exigeant un certificat à l'entrée des restaurants et des hébergements dans les zones les plus touchées. Enfin, les italiens ont également décidé de la mise en œuvre du passe sanitaire obligatoire pour accéder aux lieux fermés dans le pays à partir du 6 août prochain. 

« Au Royaume-Uni et en Israël, champions de la vaccination, les cas remontent. Pire, des personnes entièrement vaccinées sont testées positives ou hospitalisées. Le vaccin est-il vraiment efficace ? »

Comme le rappelle le site vaccination-info-service.fr, avec un schéma vaccinal complet, les vaccins de Pfizer et de Moderna sont efficaces à environ 90%.

Donc la vaccination contre le Covid-19 n'empêche pas totalement d'être contaminé. Elle protège en revanche de 88% des formes légères de la maladie et à 96 % contre les formes graves. Et divise par 12 son pouvoir de contamination.

Le vaccin n'étant pas efficace à 100%, comme tous les autres vaccins, il est donc logique que plus la campagne de vaccination progresse, plus le nombre de vaccinés est important par rapport à celui des non vaccinés :  dans un scénario où 100% de la population serait vaccinée, 100% des malades et 10 se retrouveraient parmi les vaccinés.

Le taux d'efficacité du vaccin, qui mesure la réduction du risque de développer la maladie ou ses formes graves, est le véritable paramètre à prendre en compte.  Plus nous aurons de personnes vaccinées, moins le virus circulera, moins nous auront de variants et plus vite nous gagnerons la bataille.

« Le vaccin a été mis au point trop rapidement » ; « On manque de recul »

Dans son application vaccinale, il a certes été mis au point rapidement, mais l’ARN messager n’est pas une technologie nouvelle. Elle a été découverte il y a 60 ans, et les recherches pour l’utiliser dans le cadre de traitements avaient commencé il y a des années.

De plus, l'’ARN messager n’est pas une technologie nouvelle. Elle a été découverte il y a 60 ans, et les recherches pour l’utiliser dans le cadre de traitements ont commencé il y a des années. Il s’agit d’un composé chimique du nom scientifique d'acide ribonucléique qui est naturellement présent dans notre organisme. Une explication confirmée par le microbiologiste moléculaire Lionel Case : « On trouve environ 100 ng (nanogrammes) d'ARN par ml de salive humaine en moyenne. L'être humain produit 1 litre de salive par jour. Ça fait 100 ug (microgrammes) d'ARN : la dose d'ARN du vaccin Moderna. »

La crise a permis d’investir des milliards pour la recherche et de faire aboutir les travaux scientifiques. Mais le développement du vaccin, en respectant scrupuleusement toutes les étapes de validations imposées à chaque vaccin, a été respecté.

Par ailleurs, les scientifiques le disent : les principaux effets secondaires liés à un vaccin ou un médicament surviennent quasiment toujours dans les 6 premiers mois après l’utilisation. Or, nous avons bien plus de 6 mois de recul sur ce vaccin, les premières personnes ayant reçu une dose dans le cadre des essais cliniques l’ayant reçu il y a un an.

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